Samedi 24 décembre 2011 à 17:25


BABY DID YOU FORGET TO TAKE YOUR MEDS ? 

Mais où sont donc passées mes années d'insousciance? C'est la veille de Noël, ce soir il y aura les cadeaux et les rires dans les papiers tout juste arrachés, les couleurs rouge et or, l'odeur du sapin. 
Et la sensation de ne pas être au complet.

Où sont donc passées les années lycée? Pourquoi tout a filé aussi vite? 
Les fous rires de filles, les garçons qu'on scrute du coin de l'oeil, les premières sorties en boîte de nuit, la crainte du grand amour, l'incertitude quant au futur, la vie rythmée par les ds, le shopping avec l'argent du baby-sitting, trouver qui on est, où on va, ce qu'on veut, ce qu'on aime. 
La merveilleuse expérience de l'adolescence.

J'ai l'impression que tout cela est mort un jour de Janvier 2008, quand il a levé un regard bleu malicieux sur moi et que j'ai compris, instantanément, confusément, que rien ne serait plus jamais pareil. Je venais sans le savoir de basculer dans un monde que je ne connaissais pas encore, rempli de douleurs terribles, et plus jamais la légèreté de l'adolescence ne pourrait m'atteindre.
Encore maintenant, presque quatre ans après, j'ai conscience du pouvoir de ce regard. J'y pense encore parfois, rarement, quand je le croise je le guette et la dernière fois j'y ai eu droit, comme une plaisanterie entre nous. Une entente tacite que rien ne peut plus briser.





Dimanche 18 décembre 2011 à 15:53

Comment savoir quand c'est fini? 

Ces derniers temps, le héros s'est fait anti-héros. Toujours grognon, ses sourcils froncés m'intiment de me taire. Il veut du calme et peu importe que je lui parle gentiment ou non. Je n'en peux plus de cette vie de haut et de bas, de disputes permanentes. Toujours prendre sur soi, ne pas hausser le ton, attendre que ça passe. On a beau essayer de résoudre le problème, décider de faire des efforts, rien ne se passe jamais comme prévu. 

Il finit toujours par dire quelque chose qui me met les larmes aux yeux. Rien à faire, il a beau prétendre essayer de se faire violence pour apaiser le ton de sa voix quand il s'adresse à moi, rien ne va plus. Est-ce la distance due à ses études dans un autre pays? La lassitude de voir qu'en plus de deux ans, on en reste toujours aux mêmes problèmes, aux mêmes disputes?

Suis-je à blâmer quand je dis que je mérite qu'on s'adresse plus doucement à moi? Qu'on écoute ce que j'ai à dire?
C'est quand même hallucinant, je remplis mes dossiers pour partir à l'étranger, j'ai une pression phénoménale, et il n'est pas là pour m'aider. C'est simple; lui à la même période l'an dernier était odieux, et moi je n'ai pas le droit à l'erreur cette année.

J'ai envie de calme. J'ai envie qu'on me foute la paix, de rester chez moi si je le veux, de ne pas avoir tout le temps à faire des compromis, de ne pas m'extasier quand la journée se termine sans hurlements et larmes.
Nous ne sommes plus heureux ensemble.
Et c'est un terrible constat, car que devrons-nous loin l'un de l'autre?

Puis-je encore, après plus de deux ans de relation, me lever le matin et me savoir seule? Puis-je le savoir loin de moi, triste, sans avoir instantanément envie de pleurer? Puis-je reprendre ma vie là où je l'avais laissée, en 2009, il y a si longtemps déjà? Puis-je me passer de lui, de son soutien, de son regard, de son humour, de la chaleur de son corps quand il me serrait contre lui? 
Puis-je le quitter? Puis-je rester?

Que c'est compliqué de se quitter, de s'aimer, de ne plus savoir très bien où on en est entre les deux... 

Vendredi 2 septembre 2011 à 17:12

 

Ca commençait à faire presque longtemps. 
Je n'y pensais plus, ou presque, de loin en loin.
Peut-être que j'oublie. Peut-être que l'angoisse dans ma poitrine s'apaise.

Sauf quand je passe ici, cet exutoire où j'ai laissé dans de mots invisibles aux yeux de tous. En les relisant, mes yeux me prennent par surprise, ils piquent de larmes que je tente de retenir plus fort que tout. Les phrases prennent leur terrible sens dans ma tête et je sens qu'au fond, je ne suis pas encore guérie.

Je n'oublie rien, j'essaie simplement de vivre avec. 
Je ne m'en sors pas si mal, notez.
Mais il y a des endroits qui appartiennent bien trop à ce qu'on a été pour pouvoir redevenir quelques murs de béton. Quand je traîne dans le quartier où tout a commencé, il y a comme une plainte qui s'élève de je ne sais trop où, du fond de moi. Après presque trois mois de sevrage, je sens que j'ai besoin de le voir.
Rien d'autre.
Je ne souhaite pas lui parler, je ne veux pas voir le regard ivre, le rictus moqueur. Je veux seulement capter l'éclat qui jaillira de son oeil quand il m'apercevra, la demi-seconde avant qu'il ne reprenne le contrôle, quand son coeur et le mien rateront un battement à l'unisson.


Rentrée, rentrée. L'année ne s'annonce vraiment pas des plus réjouissantes, avec un héros à l'étranger, des relations conflictuelles avec mes parents, ok qui ne s'engueule pas avec ses parents à 21 ans, mais quand même. 
Le drôle de sentiment d'évoluer sans repères, sans savoir où je vais, ce que je suis et je ne suis pas. 
Une seule certitude, quelle merde d'avoir 21 ans en France en 2011! (notez que ça doit pas être beaucoup mieux en Somalie ou en Syrie ou en Espagne ou en fait n'importe où ailleurs). Pourquoi donc aurait-on envie de grandir et s'épanouir, quand 13.5% de la popoulation française vit en-dessous du seuil de pauvreté, quand le chômage ne recule pas, que les marchés dévissent, que l'emploi stagne, que le marché immobilier a juste décidé de foutre encore plus de discorde dans tout ça, et que pour couronner le tout, les cyclones, les séismes, les ouragans se joignent à la sécheresse pour rappeler que la vie c'est vraiment de la merde.
Non que je veuille sonner un peu défaitiste, loin de là, mais tout de même.
Drôle d'époque.

Mardi 26 juillet 2011 à 16:43

No matter what boy, no matter what...
Come on!

Summer in Paris.
Bientôt le grand saut dans l'inconnu, le héros qui va faire une partie de ses études à l'étranger.
De nouveau vivre sans sa chaleur rassurante. Et cette terrible question, allons-nous survivre.

Samedi 2 juillet 2011 à 0:40

Fascinante mémoire.
Parfois, au détour d'une station de métro, d'une photo, d'une chanson, un souvenir surgit et m'engloutit toute entière.
Le temps d'un battement de cil, une vague de douleur s'empare de moi, et je sens l'habituelle morsure à l'estomac. Je reste toujours fascinée par la façon dont les souvenirs sont vivants, presque réels.
Dans ces instants fulgurants, j'entends encore sa langue faire sonner les deux mots de mon surnom, je les vois dans ses yeux et les entends dans le ton de sa voix. Le feu de ses yeux lorsqu'il posait sa main sur ma joue, sa démarche lorsqu'il traverse la cour balayée par le vent glaciale. 
Je n'ai rien oublié.
Tout lui, ses mimiques, ses froncements de sourcil, les airs manipulateurs, les regards bouleversés, tout lui est en moi. 

Parfois je fouille à la recherche de ces instantanées, mais ils se font désirer, ils n'apparaissent pas sur commande.
Il leur faut une raison, aussi futile soit-elle, pour leur permettre de m'envahir ainsi. Je laisse le rez-de-marée m'emporter, sa voix résonne encore à mes oreilles, et je me réfugie dans les souvenirs heureux.
C'est tout ce qui me reste de lui.
La version en chair en os n'est plus que l'ombre d'elle-même.

Comment a-t-il pu en arriver là? 
Pourquoi ce silence?
Que s'est-il donc passé?

En réalité, j'aimerais être débarrassée de tout ça. Souvent j'y crois, je me dis que rien n'est plus comme avant et qu'au fond il m'importe peu qu'il finisse six pieds sous terre maintenant ou dans cinquante ans. Je me lèverai bientôt chaque matin au côté du héros que j'aime de toutes mes forces. Du fond de mon coeur, je sais que c'est près de mon héros, qu'est ma place, et je ne le remets jamais en question. Je passe des jours entiers sans penser à lui. Je ne cède pas quand les souvenirs menacent à l'horizon. J'ai le sincère sentiment d'être indifférente à ces conneries à répétition.
Peut-être même le suis-je vraiment. Peut-être aura-t-il réussi à me protéger de lui, si seulement c'était son plan.

Résignée, j'attends le jour où j'apprendrai, peut-être au détour d'une conversation, qu'il est à l'hôpital, ou même déjà mort.
Alcoolique.
Parmi toutes les façons qu'il aurait pu trouver pour foutre en l'air le peu qu'il nous restait, il aurait difficilement pu en trouver une plus dégradante, insidieuse et dévastatrice.

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